UTILISATION DES COOKIES : en poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation personnalisée, des publicités adaptées à vos centres d’intérêts et la réalisation de statistiques. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici 

Directrices juridiques : la « réseau attitude » au féminin

Décryptages
Outils
TAILLE DU TEXTE

Nouveau venu parmi les réseaux, « Classe Affaire » est le premier réseau de networking au féminin exclusivement dédié aux directrices juridiques.

 

Leurs attentes sont nombreuses, au premier rang desquelles pouvoir échanger des idées pour faire évoluer leurs carrières, voire la société dans son ensemble.
Créé à l’initiative du cabinet Eversheds et animé par Valérie Blandeau, avocate associée, « Classe Affaire » a pour objectif de réunir régulièrement les directrices juridiques, de créer un espace de discussion favorisant le partage des « bestpractices », de leur faire bénéficier des expériences d’intervenantes invitées à s’exprimer sur une thématique originale et de leur permettre d’élargir leur réseau personnel et professionnel.

 

Comme souvent, tout part d’un constat. « Nous avions déjà organisé des débats avec des directeurs juridiques mais nous nous étions rendus compte qu’il y avait peu de femmes, alors que parallèlement il y a de plus en plus de femmes dans les directions juridiques qui accèdent à des niveaux élevés », explique Valérie Blandeau.

Il existe des associations de directeurs juridiques, il existe également des associations de femmes juristes ou de femmes dirigeantes ou directrices qui concernent les directrices générales ou les directrices des ressources humaines. « Classe Affaire » a voulu délimiter sa cible en se focalisant sur le même métier.

« Toutes ces femmes, directrices juridiques, sont confrontées à des problématiques et des préoccupations communes », poursuit Valérie Blandeau. Comment trouver sa place dans l’entreprise, comment articuler vie professionnelle et vie privée ?

C’est cette double approche à la fois « métier » et « femme » qui fait la différence. S’ajoute à cela le fait qu’il est plus facile pour les femmes d’aborder certains sujets dans un cercle exclusivement féminin.

« Notre souhait était d’ouvrir à ces directrices juridiques un espace dédié pour qu’elles puissent échanger leurs expériences totalement librement » indique Valérie Blandeau.

Approche partagée par Catherine Fox, directrice juridique du groupe Hédiard et représentante pour la France de l’Association of Corporate Counsel Europe, convaincue elle aussi de la nécessité de développer des réseaux de femmes.

« J’ai trouvé intéressant que ces femmes se retrouvent non pas pour parler de techniques juridiques mais pour évoquer les problèmes qu’elles peuvent rencontrer
en entreprise. Ces problèmes viennent souvent d’une incompréhension du monde masculin, voire d’une incompréhension d’elles-mêmes et de leurs propres
attentes. »
D’où le besoin d’être lucide envers soi-même et son environnement. Chaque décision prise dans la vie professionnelle a un impact sur la vie personnelle et vice et
versa. Avec de la persévérance les femmes arriveront à infléchir les choses. Cela nécessite de faire quelques efforts.

« Je voudrais dépasser le stade où tout le monde se plaint. Il faut le faire une fois et ensuite aller de l’avant », poursuit Catherine Fox.

Aller de l’avant passe par une bonne connaissance de son milieu professionnel et des réseaux. Cela passe aussi par une attitude. Dans les cocktails professionnels, par exemple, les participants ne parlent qu’à ceux qu’ils connaissent alors que dans les pays anglo-saxons les professionnels s’abordent plus facilement entre eux. Retenue d’usage, et pour les femmes sans doute encore davantage.

« Les femmes n’ont pas assez le réflexe réseau. Elles sont beaucoup dans la performance, dans l’efficacité. Moins dans l’échange. Elles ont envie de rentrer chez elle très vite le soir pour s’occuper de leur famille. Elles travaillent pendant l’heure du déjeuner. Je fais en sorte de déjeuner trois fois par semaine avec mes collègues et j’apprends plein de choses ! Les réseaux rendent ce que vous leur donnez », indique Catherine Fox.

Le networking féminin se différencie certainement du networking masculin, mais dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un état d’esprit qui s’acquiert pour
pouvoir utilement aborder ce domaine. « Personne pourtant n’enseigne le réseau », fait remarquer un professionnel des réseaux.
« Le réseau est un outil d’information, de formation, de partage, d’enrichissements personnels et professionnels, de découverte des autres et de soi-même », explique
Hervé Lassalas, président d’associations professionnelles et de clubs d’affaires, conseil à la création d’entreprises et de réseaux. « Il permet le décloisonnement,
favorise la solidarité et autorise l’espoir de meilleures relations sociales, à la base du « bien-vivre » en entreprise. C’est le concept de la « réseau attitude ».

Pour Hervé Lassalas, auteur du chapitre « Réseau et convivialité » au sein de l’ouvrage collectif Entreprise mode d’emploi, savoir gérer sa vie quotidienne au
travail qui vient de paraître chez Larousse, la définition d’un bon réseau est celle d’un réseau ouvert, sans numerus clausus, qui reçoit régulièrement des invités non-membres et qui accepte de croître.

Le 29 octobre dernier, la première réunion de « Classe Affaire » a réuni plus d’une trentaine de directrices juridiques de grandes sociétés, des secteurs de
l’industrie, des services et des médias, autour du thème « L’image des femmes dans les médias », présenté par Mercedes Erra, Présidente Exécutive d’Euro RSCG Worldwide, et Brigitte Grésy, Inspectrice Générale des Affaires Sociales.

Le réseau est à présent lancé pour ces femmes, directrices juridiques. Et déjà se prépare activement la prochaine réunion pour le début de l’année 2010.