Camille Raclet, fondatrice de Ledae Avocat, revendique une approche intégrée et pragmatique des projets numériques.
Ledae Avocat se présente comme un cabinet boutique dédié aux projets digitaux et innovants. Qu’est‑ce qui distingue concrètement votre approche de celle des cabinets plus généralistes ?
L’approche de Ledae Avocat repose sur une appréhension globale des projets numériques et sur une fine connaissance de l’environnement technique dans lequel ils s’inscrivent.
Dans ce type de dossiers, les questions juridiques sont en effet structurellement imbriquées : un projet impliquant, par exemple, le recours à un nouveau logiciel, le développement d’une application ou le lancement d’une plateforme en ligne, soulève presque systématiquement, et de manière concomitante, des questions relatives (i) à la propriété intellectuelle (droits d’auteur, bases de données, marques), (ii) aux contrats informatiques (développement, intégration, SaaS, maintenance), (iii) à la protection des données personnelles, ainsi que, de plus en plus, des problématiques liées à l’intelligence artificielle et au cadre réglementaire en cours de construction. Ma connaissance et l’expérience acquise dans chacun de ces domaines me permettent de traiter ces sujets de façon intégrée, cohérente et autonome, afin d’assurer l’articulation entre la structuration contractuelle, la gestion des droits, les contraintes réglementaires et les usages techniques réels du projet.
Cette approche s’inscrit également dans le temps, puisque j’interviens aussi bien en amont, pour structurer et sécuriser les projets, que lorsque des difficultés peuvent apparaitre, en précontentieux ou en contentieux. Le fait de pratiquer à la fois le conseil et le contentieux, combiné à une connaissance transversale de ces matières, offre une vision complète du dossier. Associé à une compréhension approfondie de l’écosystème technique, cela permet d’anticiper plus finement les risques, d’identifier les points de vigilance, mais aussi les leviers et les forces d’un dossier, et ainsi de délivrer un conseil stratégique.
Vous revendiquez un accompagnement juridique “à 360°”, continu et transversal. Comment cette organisation interne se traduit‑elle dans la relation client et dans la gestion quotidienne des dossiers ?
L’accompagnement juridique “à 360°” se traduit concrètement par un mode de fonctionnement simple pour le client : il n’a pas besoin de multiplier les interlocuteurs pour le traitement d’un même dossier. L’ensemble des problématiques juridiques liées au projet peut être pris en charge dans un cadre unifié, ce qui assure une approche directe et cohérente, adaptée aussi bien aux directions juridiques qu’aux équipes métiers ou techniques. Au quotidien, cette organisation permet également un gain de temps et une plus grande efficacité : les clients ont le même interlocuteur, ce qui limite les pertes d’information, facilite le suivi des sujets et permet de capitaliser sur la connaissance progressive du dossier et des enjeux propres à l’organisation.
Ce fonctionnement n’implique pas pour autant un exercice isolé. Lorsque le dossier nécessite des compétences complémentaires, je m’appuie sur un réseau structuré de professionnels, sélectionnés en fonction des besoins du projet, y compris à l’international. Cette organisation permet d’élargir le champ d’expertise mobilisable tout en conservant un pilotage juridique centralisé et une relation client stable, ce qui garantit à la fois continuité, coordination et lisibilité dans la conduite des dossiers.
Les entreprises recherchent aujourd’hui des partenaires capables de comprendre leurs enjeux technologiques autant que leurs contraintes réglementaires. Comment Ledae Avocat structure‑t‑il son expertise pour rester à la pointe sur la propriété intellectuelle, les données personnelles, le droit informatique et l’IA Act ?
Ma formation initiale est orientée vers les nouvelles technologies et, au-delà du cadre strictement professionnel, je me suis toujours intéressée aux évolutions technologiques et à leurs implications concrètes. Cette appétence se traduit par une démarche de formation continue sur les sujets techniques émergents, avec un objectif clair : être en mesure de comprendre les environnements technologiques de mes clients et de dialoguer avec leurs équipes dans un langage commun, au-delà des seuls concepts juridiques.
S’agissant plus spécifiquement de l’intelligence artificielle, j’ai suivi en 2024 le programme « Diriger avec la Data et l’IA » proposé par École Polytechnique Executive Education, ainsi que la certification associée. Ce parcours m’a permis d’acquérir des bases solides sur le fonctionnement des systèmes d’IA, les logiques de traitement et les flux de données, afin d’identifier les zones de risque et de poser des questions pertinentes aux équipes opérationnelles. La même logique s’applique aux données personnelles, domaine dans lequel le cadre réglementaire évolue rapidement : la certification DPO délivrée par AFNOR atteste d’un niveau de compétence théorique, technique et pratique.
Cette démarche s’inscrit dans une approche résolument pragmatique : la compréhension des aspects techniques nourrit directement le conseil juridique, que je prolonge également par la rédaction régulière d’articles pratiques sur ces thématiques, afin de maintenir une veille active et structurée.
