Une réponse ministérielle rappelle que la demande explicite d'un employeur à un candidat d'exposer ses effets personnels lors d'un entretien d'embauche (dit "test du sac à main") est illicite car il n’est pas pertinent pour l’évaluation des aptitudes professionnelles et porte atteinte au droit au respect de la vie privée. Il peut également être discriminatoire s'il n'est pratiqué qu'à l'égard des femmes.
Dans une réponse ministérielle du 19 février 2026, à la question écrite n° 06270 de la sénatrice Catherine Dumas du 9 octobre 2025, le ministère du Travail et des Solidarités précise que la demande explicite d'un employeur à un candidat d'exposer ses effets personnels lors d'un entretien d'embauche (dit "test du sac à main") est illicite.
L'article L. 1221-6 du code du travail prévoit que les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles et qu'elles doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles.
Or, le lien entre le contenu d'un sac à main et le sens de l'organisation n'est ni direct ni nécessaire. Le recruteur dispose d'autres moyens pour évaluer les compétences organisationnelles du salarié.
En outre, l'article L. 1121-1 du code du travail interdit toute atteinte aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives qui ne serait pas justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.
Or, en l'espèce, le fait de faire vider son sac constitue une atteinte au droit au respect de la vie privée qui n'est ni justifiée ni proportionnée.
Comme souligné précédemment, le contenu d'un sac et les qualités organisationnelles d'un individu sont sans rapport et le recruteur dispose de moyens moins attentatoires comme une mise en situation.
Le droit au respect de la vie privée est également protégé par des dispositions plus générales comme l'article 9 du code civil ou l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme. Surtout, il figure au nombre des droits constitutionnellement garantis par l'article 2 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ainsi que l'a rappelé le Conseil constitutionnel dans sa décision n° (...)
