Dans un environnement où la masse d’informations juridiques ne cesse de croître, les professionnels du droit se heurtent quotidiennement à trois obstacles majeurs : une documentation immense et difficile à manier, des outils de recherche parfois imprécis, et un tri documentaire long et répétitif. Ces constats, largement partagés dans le monde du droit, constituent le point de départ de Query Juriste, une intelligence artificielle pensée pour comprendre véritablement le droit et accompagner les juristes dans leurs recherches les plus complexes.
L’IA juridique actuelle : utile, mais limitée
La plupart des solutions d’IA juridique reposent aujourd’hui sur des technologies de type RAG, capables d’extraire des passages pertinents dans des bases documentaires pour générer une réponse. Si ces outils ont permis des avancées notables, ils souffrent néanmoins de limites structurelles. Les documents sont souvent découpés en fragments, ce qui entraîne une perte de contexte et altère la logique juridique. Sans compréhension fine du problème posé, les réponses générées manquent parfois de précision, de pertinence, et peuvent même comporter des erreurs ou des hallucinations.
Étienne Le Guay, fondateur et CEO de Query Juriste résume ce problème en rappelant que « la documentation juridique est très vaste et les outils sont imprécis », et que « la recherche est fastidieuse », tandis que « le tri des documents est long et extrêmement machinal ». Ces faiblesses expliquent pourquoi de nombreux juristes restent prudents face aux solutions d’IA instantanées.
La deep search selon Query Juriste
Query Juriste adopte une approche radicalement différente. Plutôt que de fournir une réponse immédiate, l’outil consacre entre sept et neuf minutes à une analyse autonome et approfondie, afin de produire une note juridique structurée, argumentée et entièrement sourcée. Cette temporalité assumée permet d’obtenir un raisonnement complet, fondé sur une compréhension globale du problème et sur une exploration documentaire beaucoup plus vaste que celle des chatbots classiques.
L'argumentation produite est pleine de nuances, restituant les divergences jurisprudentielles et les zones d'incertitude
Cette méthode présente plusieurs avantages déterminants. L’IA est capable de reconnaître ses limites et de formuler un « je ne sais pas » lorsque les sources ne permettent pas de conclure. Elle analyse un volume de documents environ quinze fois supérieur à celui des solutions traditionnelles, ce qui renforce la fiabilité de ses conclusions. Elle ne se contente pas d’énoncer une réponse : elle construit une argumentation, replace les sources dans leur contexte et privilégie la rigueur juridique à la rapidité d’exécution.
Query Juriste alerte proactivement l'utilisateur sur les points de droit qui méritent une vigilance particulière.
Un périmètre documentaire étendu
La solution s’appuie sur un ensemble large de sources, incluant la jurisprudence administrative, judiciaire et européenne, les textes législatifs et réglementaires, ainsi que de nombreuses sources secondaires. Parmi celles-ci figurent notamment le BOFiP, les décisions de l’INPI et de l’EUIPO, les actes de sociétés, les annonces BALO, les conventions collectives ou encore les décisions de l’Autorité de la concurrence.
Une adoption progressive par les acteurs du marché
Query Juriste, qui est sur le marché depuis l'été 2025, compte aujourd’hui 250 clients, parmi lesquels plusieurs cabinets d’avocats d’affaires. Bredin Prat vient récemment d’adopter la solution, s’ajoutant à d’autres structures comme Veil Jourde, Reinhart Marville Torre ou D’hoir Beaufre Associés. Cette progression régulière traduit un intérêt croissant pour des outils capables d’apporter une analyse juridique plus structurée et plus approfondie, tout en restant complémentaires du travail du juriste.
Arnaud Dumourier
