Bâtonnat de Paris 2026-2027 : le binôme arrivé second avec 46 % des suffrages à l’élection au bâtonnat publie ses comptes de campagne

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Tribune de Clarisse Surin et Thomas Baudesson.

Nous sommes les premiers, dans l’histoire du Barreau de Paris, à nous être présentés à l’élection au Bâtonnat, dans le cadre d’un « co-bâtonnat » que nous voulions paritaire, divers et égalitaire.

Nous sommes également les premiers à nous être engagés à publier nos comptes de campagne à l’issue du scrutin, et ce, quelle que soit l’issue de celui-ci.

Chose promise, chose due, nous rendons publiques aujourd’hui nos dépenses de campagne.

Une campagne au bâtonnat dans un barreau de 35 000 avocats, c’est avant tout aller à la rencontre du plus grand nombre d’entre eux pour tenter de convaincre de la pertinence d’un projet. Présentations dans les cabinets, colloques, communication tous azimuts (site internet, médias, réseaux sociaux…) et moments de convivialité sont ainsi le lot de tous les candidats à l’élection au Bâtonnat.

Tout ceci a bien évidement un coût. Certains dépensent peu, d’autres beaucoup. Cela n’a certes pas été toujours ceux qui ont dépensé le plus qui ont été élus mais l’expérience montre que ce sont presque toujours ceux-là qui l’ont été.

Malgré les efforts de l’Ordre pour contribuer à rétablir une certaine égalité (par le tournage de vidéos et la publication de programmes normés), l’inégalité financière demeure et porte, de fait, atteinte à la démocratie ordinale et au principe d’égalité, désormais inclus dans les principes essentiels édictés à l’article 3.1 du Règlement intérieur national des avocats.

Faut-il, pour résoudre ce problème, envisager de recourir au suffrage indirect, moins onéreux, comme cela existe dans nombre de barreaux étrangers ? Le barreau français est trop attaché au suffrage universel pour y renoncer aussi facilement. Les avocats parisiens sont-ils alors prêts à contribuer davantage au financement de la démocratie directe à laquelle ils sont si attachés ? L’on peut en douter lorsqu’ils se plaignent déjà du montant des cotisations et de l’absence de transparence des dépenses ordinales.

Alors, en attendant que l’Ordre fixe peut-être un jour des règles plus égalitaires sur le financement des élections au Bâtonnat, la publication (loyale) par les candidats de leurs comptes de campagne nous parait encore le moyen le plus efficace pour les inciter à une plus grande modération et, partant, à une amélioration du fonctionnement démocratique de l’institution ordinale.

C’est ce que, pour notre part, nous avons décidé de faire.

À qui le tour ?

Clarisse Surin et Thomas Baudesson